par Luc Allaire et Nicole Lepage, conseillers à la CEQ
Y a-t-il un risque pour la santé pour les gens qui travaillent dans un édifice isolé à l'amiante ?
Cette question fait régulièrement l'objet de débats dans les comités de santé et de sécurité du travail depuis un an, soit depuis l'opération menée par le ministère de l'Éducation du Québec, les commissions scolaires et le ministère de la Santé et des Services sociaux sur cette question.
Cette opération a permis d'identifier autour de 350 écoles - sur approximativement 3300 bâtiments - où il y a eu isolation par flocage (1) d'amiante. Sur ce nombre, la situation d'environ 30 bâtiments est préoccupante, parce que les couches de flocage d'amiante sont en mauvais état et peuvent présenter un risque pour la santé.
Dans le réseau privé, 34 des 176 bâtiments ont été isolés par flocage d'amiante et trois d'entre eux sont jugés préoccupants. Un gymnase a d'ailleurs dû être fermé.
Impossible de voir la listeTel est l'essentiel de l'information qui a été fournie à la CEQ par le ministère de l'Éducation. Cependant, il n'a pas été possible, jusqu'ici, d'obtenir ni la liste complète des établissements où il y a eu flocage d'amiante ni celle des établissements où le flocage d'amiante présente un risque pour la santé. Par ailleurs, les commissions scolaires connaissent la situation dans chacun de leurs établissements ainsi que le niveau de dangerosité (voir encadré). Toutefois, la grande majorité d'entre elles n'ont pas informé correctement le personnel et les parents des élèves qui fréquentent les établissements où il y a flocage d'amiante. Seulement quelques commissions scolaires ont tenu des réunions d'information sur ce sujet.
| Un enseignant de la région de Drummondville est atteint d'un mésothéliome, ce cancer de la plèvre du poumon spécifique à l'exposition à l'amiante. |
Or, il est urgent que le ministère et les commissions scolaires rendent publiques ces informations. D'autant plus que le Comité de santé et de sécurité du travail a appris, récemment, qu'un enseignant de la région de Drummondville, est atteint d'un mésothéliome, ce cancer de la plèvre du poumon spécifique à l'exposition à l'amiante.
Sa maladie est-elle due à la présence d'amiante dans l'école où il travaillait? Son médecin en est convaincu, puisqu'il a fait parvenir une demande d'indemnisation à la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).
Le représentant syndical en santé et sécurité du travail s'est d'ailleurs rendu à cette école et il a fait une vérification sommaire. Il a envoyé un ballon au plafond du gymnase et il a constaté que de la poussière d'amiante tombait du plafond.
Devant de tels faits, il devient urgent que la CEQ et ses syndicats affiliés sachent quelles écoles présentent des risques pour la santé du personnel et des enfants. Combien de victimes faudra-t-il pour que le ministère accepte enfin de collaborer avec la CEQ pour trouver une solution au problème?
- (1) Procédé d'insonorisation et d'isolement consistant à recouvrir une paroi d'une couche de textiles naturels ou artificiels profetés au pistolet, en mélange avec une colle ou un liant.
| L'amiante, un danger?
À la suite des premières identifications dans les écoles, le ministère de la Santé et des Services sociaux a procédé à des inspections par des hygiénistes industriels pour évaluer les dangers à la santé en fonction de :
Ces inspections permettent de classer les bâtiments en fonction de l'urgence d'intervention : Classe 1Aucun danger Les matériaux sont en bon état et encore utiles, mais on met en place un programme d'urgence au cas où il y aurait des dégâts. Classe 2 Les correctifs ne sont pas urgents. On fait une évaluation qualitative sur le potentiel de dégradation. Classe 3 Les locaux sont pour ainsi dire inutilisables. Les gens doivent y aller le moins souvent possible.
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Source : Nouvelles CEQ, mai-juin 1999, p. 17

