Centrale des syndicats du Québec

Les femmes itinérantes et la fatigue chronique : deux problèmes qui préoccupent la CSQ

Claire Harvey
Journaliste indépendante

La CSQ verse des subventions à deux organismes qui oeuvrent respectivement auprès des femmes itinérantes et des gens atteints de fatigue chronique.

Parmi ces organismes, il y a La rue des Femmes de Montréal. Créé en 1994, ce centre multiservices assure aux femmes itinérantes et en difficulté des conditions favorables à leur intégration sociale. À cette fin, l’organisme offre notamment des services de soutien et d’accompagnement, des thérapies, des ateliers de créativité, des repas gratuits et, depuis le 7 octobre dernier, un gîte de nuit jumelé au centre de jour, dans un nouvel édifice situé à l’intersection des rues Jeanne-Mance et de la Gauchetière.

Léonie Couture, directrice de La rue des Femmes de MontréalLéonie Couture, la directrice, explique que cette approche permet aux femmes d’acquérir une meilleure estime d’elles-mêmes. « Peu à peu, elles parviennent à avoir confiance en elles et à faire confiance aux autres. » Ces femmes partent de loin. « La grande majorité des quelque 6000 itinérantes de Montréal ont vécu des choses très dures dans leur enfance, comme le viol ou l’inceste, ajoute-t-elle. À cause de cela, elles n’ont pas pu développer les habiletés qui s’acquièrent normalement en bas âge.»

Et dans la rue, c’est loin d’être rose pour ces femmes, fait observer Lorraine Pagé, directrice des communications à la CSQ. « Elles forment un groupe marginal parmi les plus marginaux de notre société. Parce que ce sont des femmes, elles risquent davantage de se faire agresser que les hommes. » Le résultat ? Pour se protéger, elles cherchent à passer inaperçues.

Pour aider ces femmes à intégrer la société, La rue des Femmes de Montréal essaie de leur faire vivre des expériences positives. « Cela leur permet de reprendre progressivement le contrôle de leur vie », explique Mme Couture. Parallèlement, l’organisme souhaite régler le problème à la source en sensibilisant la population à la dynamique qui conduit les femmes à l’itinérance. « La violence faite aux femmes est la première cause de leurs difficultés, insiste-t-elle. Il faut que ça arrête afin que les femmes ne soient plus blessées à ce point. »

Le soutien financier de la CSQ est opportun pour l’organisme, actuellement en pleine campagne de financement. C’est important, car il existe peu de ressources pour les femmes itinérantes », conclut Mme Couture. La CSQ y voit, pour sa part, l’occasion de mettre en lumière cette problématique de la condition féminine.

Aider à démystifier la fatigue chronique

La CSQ accordera aussi une subvention à l’Association québécoise de l’encéphalomyélite myalgique (AQEM) ou syndrome de fatigue chronique en vue de financer la recherche en la matière. C’est une maladie souvent débilitante, de causes inconnues, qui affecte le système nerveux central et le système immunitaire et pour laquelle il n’existe pas de traitement spécifique.

Présidente sortante de l’AQEM et présidente de la Fondation pour la recherche sur le syndrome de la fatigue chronique, Odile Pelletier-Gérin signale que près de 80 % des personnes atteintes sont des femmes. « Ce syndrome frappe surtout les personnes qui travaillent auprès du public, dans les écoles et les hôpitaux par exemple, où les femmes forment la majorité de la main-d’oeuvre. » Il s’agit aussi de secteurs où la CSQ est très présente. C’est pourquoi la présidente de la Centrale, Monique Richard, a voulu s’associer à cette cause. « Évidemment, Mme Richard souhaite qu’on en connaisse davantage sur cette maladie, dit Mme Pagé. Cependant, elle veut aussi que les femmes qui en souffrent ne se sentent pas coupables et qu’elles se fassent aider durant cette période difficile. »

Fondée en 1991, l’AQEM regroupe près de 500 membres. En plus de promouvoir la recherche, l’association a mis sur pied des groupes de soutien dans diverses régions du Québec.

Tiré de Nouvelles CSQ, novembre - décembre 2002